Pour assoir la présence de votre marque sur le territoire français ou à l’export, pour vous démarquer de vos concurrents, pour mettre en avant la proximité, la réactivité ou un certain savoir-faire, de nombreuses entreprises mettent en avant la notion de “fabricant français”, “made in France”, “fabriqué en France”. Pourtant, peu de gens savent que ces mentions sont (heureusement !) soumises à une certaine réglementation.
Existe-t-il un attrait croissant pour les produits fabriqués en France ?
Selon le site du gouvernement, entreprises.gouv.fr, au moment d’acheter un produit ou un service, 59 % des Français « regardent le pays de fabrication » (« souvent ou systématiquement »), selon un sondage Ifop de 2018. Et ce, alors que 56 % des Français estiment « qu’il est difficile de trouver des produits fabriqués par des PME engagées dans la production Made in France » (Ifop, janvier 2020).
Les marques françaises ont bien compris l’intérêt de promouvoir la fabrication française de leurs produits pour satisfaire des clients de plus en plus soucieux d’une consommation responsable.
Quand peut-on afficher “fabriqué en France” ou “made in France” sur un produit ?
Au sein des pays de l’Union européenne, l’apposition d’un marquage obligatoire concerne seulement certains produits alimentaires. Pour les autres produits, l’indication de l’origine de fabrication d’un produit sur celui-ci ou sur son emballage est généralement facultative.
Facultative ne signifie pas exempte de règles et l’apposition d’une mention non justifiée d’une fabrication française peut être passible de sanctions.
Pour être en droit d’afficher « fabriqué en France » (ou « Made in France ») sur l’un de ses produits ou son emballage, le fabricant a la responsabilité de s’assurer que celui-ci répond aux critères d’origine non préférentielle établis par le Code des douanes de l’Union européenne. Les douanes françaises (DGDDI) précisent ces critères et contrôlent leur respect à l’importation. Pour qu’un produit puisse être « Made in France » au sens de la réglementation :
- il faut qu’il soit entièrement obtenu en France (tous les composants sont issus de France et toutes les étapes de fabrication ont lieu en France) ;
- ou bien, s’il n’est pas entièrement obtenu en France, il faut qu’il ait subi en France sa dernière « transformation substantielle », ce qui correspond le plus souvent, selon les produits :
– à un changement de codification douanière (le code douanier du produit fini doit être différent de celui des matières premières et composants, cette règle s’applique par exemple aux produits de beauté, poupées, jeux de société, couteaux, sommiers) ;
– à une ouvraison spécifique (cas des produits textiles, notamment avec des règles, par exemple, de confection complète ou de tissage…) ;
– à l’utilisation d’un pourcentage maximal de matières ou composants non originaires de France dans la fabrication du produit fini (par exemple, un gilet de sauvetage détient une origine France s’il n’y a pas plus de 40 % en valeur de matières non originaires de France qui sont mises en œuvre dans sa fabrication) ;
– ou, pour une majorité de produits industriels, la fabrication doit respecter un seuil minimal de valeur ajoutée produite en France en fonction du prix « sortie d’usine » (45 % pour les voitures ou les vélos).
Comment savoir si on peut mettre la mention “fabriqué en France” ou “made in France” sur un produit ?
C’est auprès de la Direction générale des douanes et droits indirects (DGDDI) qu’une entreprise doit adresser sa demande d’information sur le marquage de son produit “Made in France” ou “fabriqué en France”. Cette demande peut être adressée par mail ou par courrier.
Lien vers la page du site pour obtenir une Information sur le Made in France (IMF)
Quels sont les risques d’apposer la mention “fabriqué en France” sans vérification préalable ?
Une entreprise qui apposerait un texte, une illustration ou un logo représentant le “made in France” sans respecter la règlementation présentée ci-dessus s’expose à des sanctions relevant de pratiques commerciales trompeuses. Ces sanctions peuvent aller d’une injonction à supprimer les mentions fallacieuses jusqu’à une procédure pénale assortie d’une peine de deux années d’emprisonnement, et d’une amende pouvant s’élever à 10 % du chiffre d’affaires de la société, proportionnellement aux profits retirés de l’infraction.
Entre 2019 et 2020, la DGCCRF (Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes) a effectué une grande enquête sur l’ensemble des allégations sur l’origine des produits non alimentaires.
Sur les 1316 contrôles effectués dans 700 établissements, seulement 15 % d’entre eux ont révélé des irrégularités. Dans l’ensemble, les contrôles ont montré que, lorsque les entreprises avaient bénéficié de la procédure IMF, très peu d’anomalies relatives à l’indication de l’origine étaient relevées. C’est principalement lorsque les professionnels méconnaissaient les règles douanières relatives à l’origine que des allégations trompeuses ou de nature à induire en erreur le consommateur ont été soulignées.
Quels sont les trucs et astuces pour les PME qui veulent valoriser la fabrication française de leurs produits ?
- Maîtriser la réglementation liée au « Made in France » en effectuant une demande d’information directement auprès des services des douanes.
- Opter pour une communication transparente et sincère
Pour ne pas induire ses clients en erreur, l’entreprise doit fournir des informations claires et détaillées sur l’origine des produits et de leurs composants.
. En expliquant en détail le processus de fabrication du produit
. En indiquant clairement l’origine des matières premières
. En utilisant des termes et des indications claires qui ne prêtent pas à confusion. - Faire le choix de labels reconnus
Liste à retrouver ici sur le site - Valoriser l’ensemble des atouts d’une fabrication française tels que la qualité, l’engagement durable, la proximité ou l’impact local.
- Former et informer toutes les équipes de l’entreprise sur ce sujet.
Une communication efficace repose aussi sur une bonne formation des collaborateurs. Les différentes équipes doivent être capables de répondre aux questions des consommateurs et de justifier les mentions utilisées, notamment en cas de contrôle par la DGCCRF. - Assurer une traçabilité facilement accessible. Les factures d’achat, documents douaniers et certificats d’origine des matières premières doivent être consultables sur simple demande.
Sources et liens utiles :
https://www.entreprises.gouv.fr/fr/industrie/politique-industrielle/made-france
https://www.entreprises.gouv.fr/fr/industrie/politique-industrielle/made-france
https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/laction-de-la-dgccrf/les-enquetes/allegation-made-france
https://www.entreprises.gouv.fr/files/files/directions_services/politique-et-enjeux/guide-fabrique-en-france.pdf